[Mini-STORY] – Des fois j’écris, toi aussi?

Ça glisse ! Elle glisse, elle roule seule ! Hourra !
Soudain ses jambes tremblent et flagellent, ses genoux s’entrechoquent. Que fait-elle ?

Aller HOP je me lance! Aujourd’hui c’est le jour J. c’est parti! Et comme pour apprendre à rouler à vélo ou apprendre le roller ou même le ski, au début on essaie de tenir en équilibre comme disait Einstein.

Voilà qu’une envie différente me titille depuis longtemps. J’écris, j’écris, j’écris et j’ai accumulé des carnets avec des textes, des pensées, des schémas, des pérégrinations d’insomnies, réflexions, tergiversations ou que sais-je encore. Alors j’en ai assemblé et ça donne ceci.
Je vous propose donc une courte histoire sortie de ma tête et inspirée de l’observation de scènes du quotidien. Installez-vous confortablement puis prenez 2 minutes pour m’écrire à votre tour.

Bonne lecture,

 patineur_accroche_panneau

STORY
“Des rollers à 6 ans” – Apprentissage de la vie

– « Nanou ! Anouk ! Debout ! »
– « Quoi ? Qui ? » Brailla-t-elle encore endormie. Puis voyant sa sœur…
– « Rho c’est toi, je croyais que c’était grave. Laisse-moi ! » Rétorqua-t-elle en remontant sa couverture.
Sa petite sœur turbulente savait qu’elle ne pouvait rien dire mais ça la démangeait.
– « Viens, viens ! Sors du lit, descend. Ça va être super. Dépêche ! Maman et papa attendent »
– « OK mais lâche-moi. J’arrive ! » S’énerva-t-elle.

Plusieurs minutes plus tard, elle enfila un pull, glissa ses pieds dans ses pantoufles roses préférées et descendit les escaliers, le chat dans les bras. Il était déjà presque midi, l’heure parfaite pour se lever pour elle comme tous les week-end. La poignée froide de la porte dans la main, elle appuya un bon coup. La porte de la salle à manger s’ouvrit et un chant joyeux résonna aussitôt.

∴  JOYEUX ANNIVERSAIRE!  JOYEUX ANNIVERSAIRE!  JOYEUX ANNIVERSAIIIIIRE!  ∴

Son rythme cardiaque s’accéléra d’un coup, le chat prit de panique sauta d’un bon au sol, le sang lui monta aux joues accompagné d’une montée de… larmes ? Elle hésita à refermer la porte, gênée par ces exclamations en son honneur.

– « Oh ! » Lâcha-t-elle de surprise « Mais… » Se contenta-t-elle de dire en riant pour contenir ce qu’elle espérait que personne ne voit.
– « Ouiiii tu es là » Cria la petite Lucie en courant dans ses bras.
– « Oui mais ne me serre pas comme ça » Dit-elle gentiment en la repoussant.
– « Regarde » lui annonça sa maman « Nous t’avons trouvé 6 cadeaux pour tes 6 bougies. Tu ne veux pas les ouvrir ? »
– « Trop cool maman ! » s’exclama-t-elle en apercevant tous les paquets. « J’avais pas vu ceux qui sont par terre »
– « Oh et puis je vais te mesurer après je suis sûre que tu as grandit » ajouta sa mère en quittant déjà la pièce à la recherche de son mètre ruban de couture.

Cette idée que le jour de son anniversaire est tellement différent des autres jours est comme une tradition familiale tournant à l’obsession pour sa mère : il faut se mesurer ! Comme pour passer le cap et continuer à grandir. Il paraîtrait qu’un ancêtre ayant oublié cette tradition au 1er anniversaire de sa fille l’aurait condamnée à rester naine toute sa vie. Foutaises, pensait son père mais il n’osait plus contredire son épouse depuis qu’il s’était vu assommer par une poêle suite à un commentaire. Ce qui était un accident d’après elle.

– « Youpii super maman ! 6 cadeaux pour moi et pas pour Lucie lalalalalèèèree » rétorqua-t-elle en regardant sa sœur.
– « Mamaaan » pleura cette dernière en courant vers sa maman.
– « Oh mon poussin. Ne l’écoute pas » l’a rassura-t-elle en lançant des yeux noir vers Anouk. « Tu pourrais être plus gentille avec ta sœur. Elle est venue te prévenir et elle a bien gardé le secret depuis 2 jours. »

L’emballage vola en morceaux. Ils ne résistent jamais longtemps à aucun anniversaire. Certains disent que les emballages cadeaux ne devraient plus exister. Les protecteurs de la nature sont sur tous les fronts. Abattre des arbres pour qu’ils finissent en embellissement pour cacher le plus longtemps possible le moment de découverte de l’objet qu’il renferme constitue un non sens. Pour eux, cela revient à simplement abattre des arbres. Rien à ajouter.

– « Trop biiiien ! Merci ! » Cria-t-elle brandissant une boîte contenant le bébé de Barbie. « J’ai toujours voulu qu’elle ait des enfants »
Un livre, une peluche et une robe de poupée plus tard, elle découvrit le 5e cadeau.

– « C’est nul, ça sert à quoi ? Lanca-t-elle à sa mère. « J’arrive paaaas… »
– « Tiens le bout entre tes deux doigts et fais-là tourner » répondit-t-elle. « Tu es trop impatiente pour jouer à la toupie. »
Mais déjà tournée vers le dernier cadeau, Anouk porta tant bien que mal l’énorme boîte sur la table.
– « ça c’est un gros cadeau ! » s’exclama-t-elle.
– « Moi, moi veux ouvrir comme toi » lança Lucie sur les genoux de sa mère, les mains posées sur le gros paquet.
– « Pas si vite Lulu, demande à ta sœur » dit sa mère.
– « Bon on déballe à 2 alors mais tu fais que ce côté ok ? » dit Anouk.
– « Oui » répondit Lucie

En 2 temps 3 mouvements la boîte était à découvert et laissait apparaître son contenu :
– « Des rollers !! » S’exclama Anouk « Maman t’as vu c’est des rollers » lui montra-t-elle.
– « Oui poussin c’est bien ce que tu voulais ? »
– « Ouaiiis. Trop cooool » ça a résonné dans toute la maison. Ni une ni deux elle couru dehors pour les essayer.

Premiers “pas”

 

Une fois ses rollers enfilés, elle savait qu’elle devait se tenir car pour avancer maintenant elle devait s’y prendre autrement que si elle marchait. « ça roule ! » se dit-elle cramponnée au petit banc du jardin. Sa mère lui avait enseigné qu’il était important, au début, de ne pas faire de petits pas comme quand on marche. « C’est facile, tu verras » lui a-t-elle lancé ensuite. Finalement, après 2 glissades où elle pu se retenir de justesse, elle se dit qu’elle aurait préféré un billet pour Disneyland Paris « C’était moins risqué » se dit-elle.

Les petits graviers du terrain s’accrochent un peu au passage d’Anouk. Le terrain se marqua de traces en lignes +/- continues d’un pied à l’autre. Le mouvement est répétitif, il faut tenir en équilibre et éviter l’herbe. Autour des graviers, le gazon lui faisait peur depuis que sa meilleure amie d’école lui a dit que les cicatrices sur ses coudes étaient dues à une grosse chute en passant du macadam au gazon. L’herbe s’accroche encore plus que les graviers dans ses roues et son genou s’en souviendra d’un bleu qui changera de couleur dans les jours à venir. Là, dans l’herbe, elle peut donc presque marcher normalement tellement il serait impossible de rouler. Trop d’adhérence !

– « Maman regarde ! » s’écria-t-elle en direction de la porte-fenêtre entre-ouverte de la cuisine, un large sourire au visage.
– « Super » lui retourna-t-elle, occupée à la préparation du repas. « Tu tiens debout c’est bien ».

Sa mère a eu le temps de préparer le souper et LE fameux dessert au chocolat pendant qu’elle apprenait à tenir debout sur ses patins. C’est un bon début. Dès qu’elle essaye de rouler, elle chute mais c’est normal, se dit-elle, ça viendra.

– « Maman ça glisse ! Mamaaan !
Ses genoux s’entrechoquent, ses bras s’agitent, elle a très chaud quand elle se sentit partir en arrière sans rien pouvoir faire.
Soudain, un bruit sourd se fit entendre suivit d’un hurlement.
– « AAAH, Aïïïeeee !! »

– « Anouk mon poussin !! » s’écria sa mère accourant dans sa direction.
Sentant le drame arriver, elle avait prévu la petite trousse de soin. Par chance, elle était tombée surtout sur les mains. Elle rinça, nettoya pour enlever les poussières et graviers, elle appliqua du désinfectant puis colla un sparadrap à motif.
– « Bien poussin, tu as bien fais ça » dit-elle amusée pour détendre l’atmosphère. « Tu as amortis la chute en tombant sur tes deux mains. Quel motif choisis-tu pour guérir ce vilain bobo ? »
– « Je veux paaas » éclata-t-elle en sanglot.
– « Alloons Nounou ma petite puce » Elle lui fit un gros bisou sur chaque main. « Tu as été très courageuse, je suis fière de toi. Tu auras 2 parts de gâteaux d’anniversaire »
Anouk sécha ses larmes et se moucha en soufflant très fort dans le mouchoir puis fit un petit sourire.
– « La Fancy fair est dans un mois, tu seras prête et tu leur montreras comment tu te débrouilles toute seule sur tes nouveaux rollers. » La rassura-t-elle. « Aller, viens manger maintenant »
– « J’ai soif » dit-elle en courant vers la porte-fenêtre de la cuisine laissée ouverte par sa mère.

A table, Anouk pensa qu’elle n’arriverait jamais à rouler pour dans 1 mois mais ne voulait pas décevoir ses parents. Elle essayera de s’entraîner le lendemain mais elle avait très peur à l’idée de devoir renfiler ses rollers. Sa mère lui sourit et elle lui répondit par un sourire. Elle avait pourtant appliqué à la lettre les conseils et consignes énoncés par ses parents et son amie. Elle ne comprenait pas ce qui n’avait pas fonctionné et ça l’inquiétait. Elle aimait tout contrôler même du haut de ses 6 ans et se sentait dépourvue face à cet inconnu, face à ce nouveau sport.

Anouk appris plusieurs choses :
Si on marche c’est parce qu’un jour un singe a décidé de se tenir sur ses pattes arrières et tenir en équilibre pour marcher en sachant très bien le risque omniprésent de chuter. Puis, il a « enseigné » sa technique aux autres qui l’ont surtout observé et imité. Le terrain est semé d’embûche. Ainsi donc l’humain était et est toujours continuellement face à des obstacles à surmonter pour continuer à évoluer et à s’améliorer. Seuls ceux qui se relèvent avancent et apprennent de leurs erreurs. La preuve est que nous marchons tous sur 2 pieds aujourd’hui. Cela fait partie de l’évolution humaine tel que Darwin l’envisage. Tomber et se relever font partie du quotidien. Les obstacles surmontés nous renforcent. L’enseignement pratique est le meilleur. Il est plus long, certes, mais reste ancré pour longtemps. On en garde des souvenirs des moments passés à apprendre, des souvenirs des cris et des chutes qui marquent même la peau. Ce sont des apprentissages que l’on retient à vie.

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A la prochaine,

Miss Lagaffe

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8 thoughts on “[Mini-STORY] – Des fois j’écris, toi aussi?

    • Hé coucou merci de donner ton avis. Tout l’intérêt est dans le fond. C’est un premier et on verra pour la suite. J’ai envie de te dire “j’espère aussi continuer” En tout cas j’apprendrai de mes erreurs ^^ Bonne soirée, bisous

  1. Salut Pascaline! j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ta petite “nouvelle”. Tu as du talent, il ne faut surtout pas t’arrêter. Les 6 cadeaux m’ont bien amusée et m’ont fait penser au personnage du gros Dudley dans Harry Potter qui reçoit 36 cadeaux et qui pique une crise parce qu’il lui en manque un!
    Ta réflexion sur le papier cadeau est aussi très pertinente. Il est évident que détruire des arbres qui ont mis des dizaines d’années à grandir pour réaliser un papier qui en 3 secondes se retrouvera à la poubelle est une aberration sans nom. Il serait en effet grand temps de changer nos comportements et de sensibiliser et responsabiliser les enfants sur ce problème.
    Enfin, tu as raison, la vie n’est pas du tout un long fleuve tranquille et se résume à une suite d’échecs, d’erreurs, de chutes sans doute nécessaires bien que difficiles pour apprendre et se construire chaque jour, pour être plus fort et avancer, acquérir un esprit critique mais aussi un peu pour conseiller les générations futures. Merci de cette réflexion constructive. A bientôt pour de nouvelles aventures, bisous:)

    • Coucou, J’aime bien ta comparaison avec Dudley:) C’est exactement ça. Un enfant bien gâté ne sera pas habitué plus tard à se donner et donner du temps pour obtenir quelque chose. Il voudra toujours plus en faisant moins. Pire, il trouvera encore à se plaindre.
      Apprendra-t-il alors à tenir en équilibre seul pour avancer dans la vie? Méditons. Au fond, merci pour cette réflexion Michèle.
      A bientôt, Bisous

  2. Bonjour, et merci pour cette petite histoire,
    j’aime bien le mélange de détails tellement vrais qu’ils deviennent très rigolos, comme les pansements à motifs, les 6 cadeaux, et les raccourcis de langage, “une poupée plus tard”… 🙂
    La chute est bien aussi : un brusque changement de ton, je ne m’y attendais pas! A bientôt pour d’autres histoires?

    • Bonjour Pola, Oui si le début est léger et vivant par ses détails, le final ramène plus à la dure réalité. J’ai voulu contraster: message – histoire simple sans vouloir au final un passage brutal… Oups^^
      Merci d’avoir lu et donné cet avis en tout cas. (et si tu as un blog? 😉 )
      A bientôt,

      • Non le passage n’est pas brutal, mais on bascule sur un nouveau niveau: on est sorti de la narration, comme si on la relisait sous un autre angle.
        Moi aussi j’essaie d’inventer des histoires, mais en images. Ce n’est pas évident de ne pas perdre le lecteur, je trouve que tu t’en sors super bien!
        Mon blog est sur kaltenpola.wordpress.com
        A bientôt 🙂

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